5 ATTITUDES GAGNANTES POUR TRAVERSER ENSEMBLE, LA CRISE

12 benefices
VUCA, vous connaissez ? C’est l’acronyme de Volatility, Uncertainly, Complexity, Ambiguity. Créé par l’Army War College américain au moment de la guerre Froide;

VUCA représentait le sigle des conditions si imprévisibles pendant cette période.

Comme en ce moment !

La situation est confuse, cacophonique, remplie de paradoxes. Elle génère des doutes, de la colère et mobilise au plus profond de vous-mêmes des capacités d’adaptation pour naviguer au mieux dans cette tempête sanitaire et économique.

Je vous invite à lire ci-dessous le récit décrit par Anne, une québécoise qui parcourait le monde en voilier et en famille, jusqu’au jour où elle et sa famille ont vu la mort de près quand leur voilier a traversé un ouragan, … un jour de 2011. (1) 

« C’était un matin où la mer était calme. 

Nous venions de quitter la Nouvelle-Zélande, où nous nous étions arrêtés plusieurs mois, et nous nous dirigions vers les îles Fidji, en plein coeur de l’océan Pacifique. Ce n’était pas la saison des cyclones.

Rien ne laissait présager une tempête lorsque le bulletin météo de la radio (que nous écoutions religieusement matin, midi et soir) nous a appris qu’un ouragan avec vents violents se dirigeait vers nous.

J’ai paniqué, bien sûr. Au cours de nos années de navigation, il y avait bien eu des moments où la nature avait fait des siennes et où les flots avaient été agités, mais rien qui ait ressemblé à ce que nous nous apprêtions à affronter. Nous étions en mer depuis trois jours.

Trop loin de la côte pour nous mettre à l’abri sur la terre ferme. Nous n’avions d’autre choix que de faire face à la terrible tempête qui fonçait sur nous.

Effrayés, nous avons tout mis en oeuvre pour nous préparer le mieux possible. Car en dépit de notre peur, nous étions conscients de notre chance de savoir à l’avance ce qui nous attendait. 

Nous avons profité pleinement des cinq heures dont nous disposions pour parer à toute éventualité. Il fallait réduire la voilure, ranger et attacher solidement à l’intérieur tous les objets susceptibles de causer des blessures.

Nous avons aussi mangé un peu pour avoir des réserves d’énergie, car il nous serait à peu près impossible de nous alimenter lorsque des rafales nous feraient osciller de droite à gauche.

Tout en nous activant, Fabien et moi nous sommes promis de conserver notre sang-froid et de ne jamais laisser voir notre effroi à nos enfants. Comme ils n’avaient que trois et six ans, ils étaient trop petits pour comprendre ce qui se passait. Nous voulions absolument éviter de les traumatiser et il était hors de question pour nous qu’ils se sentent en danger. Mais nous savions bien, au fond de nous-mêmes, que notre survie ne tenait qu’à un fil…

Très vite, le ciel est devenu sombre. Le vent s’est levé, et la pluie a commencé à marteler la surface de l’océan. Nous n’avions jamais navigué dans un tel chaos ni un tel vacarme. 

Des vents puissants de 160 km/h et des vagues de 30 mètres propulsaient notre petite embarcation. Au bout de quelques heures, nous avons perdu le contrôle de notre bateau, qui s’est complètement couché sur le côté. Fabien a dû sortir sur le pont pour le freiner, le maintenir à flot et nous éviter d’être submergés à cause des fissures de la coque. 

Je revois mon mari pilotant notre voilier sans relâche, allant et venant dans la nuit froide et noire. Son corps tremblait, il était trempé, complètement frigorifié. Je me revois, jeune maman, au coeur de cette tempête dont j’ignorais l’issue.

Je revois mes enfants, ces petits êtres vulnérables qui n’avaient jamais demandé à être là et qui risquaient la noyade à tout moment. Je me disais: «Mais qu’est-ce que nous avons fait?» 

Ce sentiment de culpabilité était pour moi bien plus horrifiant et vertigineux que les soubresauts de la mer en furie.

Après nous avoir fait goûter à un inlassable et brutal ressac qui a duré plusieurs heures, l’océan est subitement devenu paisible.

Nous avons d’abord cru que nous étions sortis du cyclone. Mais nous avions tout faux. Nous étions en fait dans l’oeil de l’ouragan, une zone centrale où il n’y a ni vent ni précipitation. Le ciel y était d’un bleu profond, tandis qu’autour de nous, tout était d’un noir menaçant. 

Nous nous sommes enquis de la situation auprès de nos contacts radio. Ils étaient formels: nous n’avions traversé que la moitié du cyclone et nous nous apprêtions à revivre le même cauchemar.

La deuxième partie de cette épreuve nous a semblé encore plus éprouvante que la première.

Nous étions épuisés et affamés. J’ai eu de la chance: je n’ai jamais ressenti le mal de mer. Sans doute à cause de l’adrénaline. J’étais si alerte et préoccupée par le destin de nos enfants que toute mon attention et tous mes instincts étaient mobilisés.

Tandis que Fabien affrontait la tempête, je m’assurais que nos petits étaient toujours au chaud et au sec sur les coussins que j’avais déposés par terre, pour éviter les chutes. Au petit matin, nous sommes passés d’un temps affreusement hostile au calme plat de façon instantanée. À la radio, on nous a donné la position exacte du cyclone: il était derrière nous. Enfin, nous étions tirés d’affaire.

En tout, notre traversée de l’ouragan aura duré 36 heures. Des 100 bateaux pris en mer, nous comptions parmi les plus chanceux. 

Certains ont dû abandonner leur embarcation et être secourus par des cargos de la marine marchande ou de l’armée. D’autres ont été sauvés par la garde côtière. Un autre voilier et ses occupants ont disparu. Notre bateau à nous avait su tenir le coup et nous nous en étions sortis indemnes.

Bien sûr, cette expérience a brisé en nous quelques illusions. Avec le temps, nous en étions venus à croire que le fait de voyager dans les secteurs protégés, hors des périodes de cyclones, suffisait à garantir notre sécurité. 

Il n’a fallu qu’une exception pour bouleverser nos convictions. Mais si cet événement m’a rendue plus nerveuse dès qu’on annonce du mauvais temps à la radio, il n’a pas réussi à tuer la passion de la navigation qui m’anime.

Pas plus qu’il n’a su décourager celle de nos enfants. Il faut dire que Fabien et moi avons relevé le défi que nous nous étions lancé: ils ne nous ont jamais vus angoisser ou perdre confiance en nos chances de survie. Par conséquent, ils n’ont jamais véritablement eu conscience de ce qui nous arrivait. Ce n’est que plusieurs années plus tard que nous leur avons raconté les détails de cet incident. » 

A travers ce récit j’ai sur ligné des passages pour marquer les conditions aléatoires, les attitudes et décisions qu’ils ont prises pour traverser cet ouragan.

De cette lecture je retiens 5 comportements qui permettraient de traverser la tempête COVID-19 encore plus soudés en tant que partenaires associés :  

AJUSTEZ VOS ACTIONS SUR L’ESSENTIEL, c’est à dire apprenez à travailler en mode dégradé en priorisant vos productions. Cela parait aller de soi pour beaucoup, mais je rencontre des binômes d’associés qui réagissent différemment sous stress. 

Certains vont trop dans le détail des tâches à faire, ce qui les noie. D’autres cherchent à tout contrôler, d’autres encore font des fixations pour trouver LA bonne solution.  Enfin je rencontre des associés qui se retirent de l’action préférant le dialogue « intérieur ». Pour trouver le juste équilibre je vous propose de :

  • Créer une routine quotidienne pour préserver l’équilibre entre vos tâches professionnelles et vos tâches urgentes.
  • Rassembler des informations qui peuvent vous aider à développer une compréhension globale de la situation.
  • Trouver des solutions « hors cadre », celles auxquelles vous n’aviez jamais pensé avant, voire des solutions complètement farfelues face aux problèmes rencontrés. Pourquoi ? Parce que même si ces solutions apparaissent hautement improbables à appliquer, peut-être qu’il y en aura quelque chose à conserver.
  • Discuter des aspects positifs de la situation et de son opportunité 
  • Rechercher des solutions en vous appuyant sur votre bon sens …

 

PERSEVEREZ !  Attention je ne parle pas d’obstination mais bien de persévérance. Elle n’est pas la même pour tout le monde pour diverses raisons. 

Néanmoins dans un partenariat d’associés, il me parait essentiel qu’une des personnes reste tenace et engagée dans les actions. La patience est souvent exigée. L’engagement maintenu, nécessite de la concentration dans l’action et de la prise de hauteur pour continuer à agir au mieux. Je vous propose quelques pistes pour vous aider à rester persévérant : 

  • Ancrez-vous chaque matin en privilégiant un temps seul pour vous recentrer ( méditation, yoga, ..)
  • Privilégiez les activités qui demandent une bonne dépense d’énergie dés le matin. 
  • Identifiez ce qui est possible de faire et faites-le immédiatement.
  • Veillez à varier les tâches et les activités au cours de la journée. 
  • Faites des pauses régulières lorsque vous travaillez sur des tâches routinières.
  • Réévaluez vos attentes. 
  • Analysez ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas .
  • Demandez à avoir le temps de réflexion nécessaire avant de prendre une décision.
  • Fixez-vous 2-3 objectifs chaque jour.

 

SOUTENEZ-VOUS ! Remarquez comment Fabien et Anne se sont soutenus. Ils avaient relevé le défi de ne pas perdre confiance en leurs chance de survie. Imaginez combien d’échanges ils ont pu avoir pour tenir, faire face ensemble. Si l’un était tombé à la mer ou avait eu un accident, que serait devenu l’autre, seul ? En matière d’association face à cette crise c’est exactement la même chose. 

Pour que le leadership soit partagé et durable, le soutien doit être renforcé sinon la mobilisation s’effritera. Cela passe par de la résilience, c’est à dire une capacité commune à faire face à la réalité de manière lucide, donner du sens à l’épreuve et s’ajuster ensemble. Ce processus de gestation de l’épreuve s’intéresse à ses aspects positifs pour maintenir une énergie constructive. Voici quelques astuces : 

  • Appuyez-vous sur vos valeurs communes.
  • Réaffirmez votre raison d’être ensemble.
  • Réitérez votre confiance les uns envers les autres.
  • Restez calmes.
  • Osez dire et demandez de l’aide.
  •  Partagez vos bonnes pratiques avec vos amis et collègues de travail.

 

RESTEZ AUTHENTIQUES ! Les épreuves touchent tout le monde. Chacun a sa manière de résister, d’accepter ou de fuir la situation.`

Chercher à garder une bonne image face aux autres, c’est à mon avis remplir une cocotte minute de colères, de peurs, de jugements. Et un jour les couvercles superposés de bienséances, de bien pensées seront si fins face à la pression dans cocotte, qu’elle explosera dans un grand « boum » parce que vous vous serez trop éloignés de vous-mêmes. 

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises émotions. Elles sont toutes là pour exprimer si vos besoins sont remplis ou non. Je parlerais plutôt d’émotions agréables ou désagréables. Chacune a sa fonction, son message transmetteur de vos ressentis qu’il vous faut vraiment écouter. Au lieu de vouloir être convenable, à la hauteur en toute circonstance, exprimez vos ressentis. Pour cela je vous propose 4 axes pour les exprimer :

  • Ecoutez-vous : prenez le temps de ralentir dans votre journée pour ressentir votre corps pleinement. Il existe plusieurs manières pour s’observer / au calme, dans l’action… Par exemple en rencontrant une personne, essayez de porter votre attention sur vos sensations physiques et de reconnaitre des espaces agréables ou désagréables.
  • Mettez des mots sur ce que vous ressentez : de la joie, de la frustration, de la gène, de l’enthousiasme,…. 
  • Derrière ces sentiments, identifier quels sont vos besoins satisfaits et ceux qui ne le sont pas : besoin d’écoute, d’appartenance, de reconnaissance, d’affection, de solitude …
  • Puis faites savoir aux autres ce qui est important pour vous en ce moment en verbalisant très clairement ce que vous voulez.

 

CONSERVEZ VOTRE PASSION ! Ah la passion ! C’est l’élan si intense qui pousse parfois au déraisonnable mais qui fait tellement vibrer. La passion libère du stress, procure du bien-être psychologique, motive et donne de la force. 

Je pense que la passion ouvre des portes en créant de nouvelles opportunités. Quand vous êtes portés par un projet professionnel parce qu’il fait si sens pour vous, la ferveur que vous engagez démultiplie alors, votre créativité. Car cette passion ne demande qu’à vivre avec ou sans épidémie ou crise économique. 

Pour nourrir votre passion et l’assouvir :

  • Continuez à rêver 
  • Projetez-vous dans 1 an
  • Imaginez et élaborez votre vision ensemble.
  • Si vous pouvez, partez sur les sommets d’une montagne pour faire un 360 degrés de votre activité, de votre coopération de manière à l’amplifier, et lui redonner la même forme de désir à celui de votre commencement. Rappelez-vous de ce que vous projetiez  de construire ensemble au tout début de votre association. 

Je ne pensais pas écrire autant de lignes en lisant ce récit de navigation en plein ouragan ! L’épreuve est là, les ressources humaines collaboratives aussi ! Je le vois dans mes formations en intelligence relationnelle et le vis auprès de mes clients dans des séminaires bien spécifiques pour les aider à prendre de la hauteur, à ressouder leur partenariat en temps de crise.

(1) https://www.ellequebec.com/style-de-vie/voyages/j-ai-survecu-a-un-ouragan-en-pleine-mer